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Sécuriser la prescription médicamenteuse en ESMS : des outils existent, comment en bénéficier ?

Sécuriser la prescription médicamenteuse en ESMS : des outils existent, comment en bénéficier ?

Polymédication, risques d'interactions, ordonnances multiples à ressaisir... Pour les directeurs d'établissements médico-sociaux, la sécurisation du circuit du médicament est un enjeu quotidien. Bonne nouvelle : des assistants numériques à la prescription peuvent aujourd'hui s'intégrer aux logiciels métiers et DUI pour soulager les équipes et réduire les risques. Si les données disponibles concernent principalement les EHPAD et les personnes âgées, les enjeux de sécurisation de la prescription sont tout aussi présents dans les autres ESMS : IME, MAS, FAM, foyers d'hébergement, structures de réinsertion ou hôpitaux de jour handicap. Ces établissements accompagnent souvent des personnes avec des traitements mixtes (somatiques et psychotropes) et des parcours de soins complexes entre domicile, secteur sanitaire et médico-social. Tour d'horizon des problématiques clés et des questions à poser à son éditeur.

Sommaire

1. La polymédication en ESMS : une réalité qui appelle des outils adaptés

Les résidents accueillis en EHPAD ou en établissements médico-sociaux cumulent souvent de nombreux traitements chroniques. Les données disponibles, principalement issues du champ gériatrique, sont éloquentes :

•       8 molécules par jour en moyenne sont prescrites aux résidents d'EHPAD (rapportVerger)

•       40% des plus de 75 ans consomment 10 médicaments ou plus quotidiennement

•       77,7% des plus de 90 ans sont en situation de polymédication (EPI-PHARE, 2025)

À cela s'ajoute la multiplicité des prescripteurs : médecin traitant, spécialistes de ville, médecin hospitalier lors d'un passage aux urgences ou d'une hospitalisation... En moyenne, 2,6 prescripteurs différents interviennent pour un même patient polymédiqué, et dans 84 % des cas, le médecin traitant n'est pas le seul à prescrire.

Dans le champ du handicap et de l'autisme, les situations de polythérapie sont également fréquentes :psychotropes, antiépileptiques, traitements somatiques se combinent souvent, avec plusieurs prescripteurs impliqués (psychiatre, médecin traitant, neurologue, hôpital de jour...). Ces configurations renforcent le besoin d'outils permettant d'analyser et d'éditer la prescription de manière fiable.

Pour les équipes soignantes et les directions, cela signifie une vigilance permanente : vérifier la cohérence des traitements, repérer les doublons, s'assurer qu'une nouvelle prescription ne crée pas d'interaction dangereuse avec l'existant. Un assistant de prescription intégré au logiciel métier peut automatiser ces vérifications et alerter au bon moment, sans multiplier les pop-ups inutiles.

2. Des alertes utiles, pas une surcharge : l'enjeu de l'assistant « intelligent »

Les professionnels de santé le savent : trop d'alertes tue l'alerte. Un système qui signale tout finit par être ignoré. L'enjeu est de disposer d'un outil qui :

•       cible les risques réellement critiques : interactions majeures, contre-indications formelles, doses manifestement inadaptées

•       suggère des alternatives plutôt que de simplement bloquer

•       trace les décisions du prescripteur (alerte vue, maintien du traitement avec justification...), ce qui sécurise en cas d'évaluation HAS ou de revue de médication

Ce type d'assistant ne remplace pas le jugement clinique du médecin. Il agit comme un filet de sécurité discret, particulièrement utile quand le volume d'informations dépasse ce qu'un professionnel peut vérifier manuellement pour chaque résident ou usager.

Focus : prescriptions complexes dans le champ du handicap et de l'autisme

Les personnes en situation de handicap intellectuel ou avec un trouble du spectre de l'autisme sont fréquemment exposées à des traitements psychotropes : neuroleptiques, antidépresseurs, thymorégulateurs, anxiolytiques, hypnotiques, antiépileptiques. Ces prescriptions répondent souvent à des comportements-problèmes (agitation, agressivité, automutilations...) qui peuvent conduire à des schémas thérapeutiques complexes, associant plusieurs molécules.

Dans ce contexte, un assistant numérique d'analyse et d'édition de la prescription peut apporter une aide précieuse :

•       visualiser l'ensemble des psychotropes d'un coup d'œil

•       repérer les associations et dosages complexes

•       faciliter la discussion entre hôpital de jour, structure médico-sociale, psychiatre et médecin traitant

3. Charge anticholinergique : un risque méconnu qui pèse sur les résidents

De nombreux médicaments courants (antidépresseurs, antihistaminiques, traitements urologiques, antalgiques, psychotropes...)possèdent des propriétés anticholinergiques. Pris isolément, leur effet peut sembler anodin. Mais lorsqu'ils s'accumulent, la « charge anticholinergique » augmente, avec des conséquences bien documentées chez la personne âgée :

•       Confusion, troubles de la mémoire, risque de chutes

•       Constipation sévère, rétention urinaire

•       Aggravation d'un syndrome démentiel

Les études montrent qu'une proportion importante de personnes âgées (jusqu'à une sur deux selon les cohortes) utilise au moins un traitement anticholinergique. Plusieurs études épidémiologiques, dont une revue Cochrane, indiquent qu'une charge anticholinergique élevée est associée à un risque de déclin cognitif plus que doublé, même si le niveau de preuve reste modéré.

Or, les personnes âgées sont nettement plus exposées aux effets indésirables médicamenteux que les adultes plus jeunes, en raison des modifications pharmacocinétiques liées au vieillissement et de la polymédication fréquente.

Suivre cette charge « à la main »est quasiment impossible : la liste des molécules concernées est longue et évolue régulièrement. Un outil numérique peut calculer automatiquement un score de charge anticholinergique à partir des médicaments saisis et alerter l'équipe lorsqu'un nouveau médicament vient aggraver la situation.

4. Fonction rénale : adapter les doses pour éviter le surdosage

L'insuffisance rénale est fréquente chez les résidents âgés.Selon l'étude IPOP (Néphrologie & Thérapeutique), 30 % des personnes âgées présentent une insuffisance rénale. Or, de nombreux médicaments nécessitent une adaptation de leur posologie en fonction du débit de filtration glomérulaire (DFG).

Le constat est préoccupant : 96,5% des ordonnances des patients âgés polymédiqués contiennent au moins un médicament nécessitant une adaptation en cas d'insuffisance rénale. Pourtant, les ordonnances n'incluent généralement aucune information sur la fonction rénale du patient.

Cette problématique ne concerne pas uniquement les personnes âgées. Certains usagers plus jeunes accompagnés enESMS – notamment ceux présentant une épilepsie, un handicap avec pathologies chroniques ou des traitements au long cours – peuvent également nécessiter une adaptation posologique liée à leur fonction rénale. Un assistant d'analyse de prescription peut les aider de la même façon, en signalant les molécules à adapter lorsque les données biologiques sont disponibles.

Sans outil d'aide, le prescripteur doit retrouver la dernière créatininémie dans le dossier, consulter les recommandations du RCP, et recalculer la posologie. Un assistant connecté aux données biologiques peut automatiser ce travail : rappeler la dernière valeur de fonction rénale connue, signaler les molécules à adapter, et proposer des fourchettes de doses appropriées.

5. Reprise des traitements : en finir avec la ressaisie manuelle des ordonnances

Chaque admission, chaque retour d'hospitalisation pose le même problème : ressaisir l'intégralité du traitement du résident ou de l'usager dans le logiciel. Ordonnances papier du médecin traitant, compte-rendu d'hospitalisation en PDF, prescriptions de spécialistes... Les formats sont hétérogènes, et la retranscription manuelle est à la fois chronophage et source d'erreurs.

Les études de conciliation médicamenteuse montrent que, lors des transitions de soins, la majorité des erreurs concernent des omissions de traitements (un médicament oublié lors de la ressaisie), loin devant les erreurs de dose ou de fréquence.

Ces transitions sont particulièrement fréquentes dans le champ du handicap et de la psychiatrie :allers-retours entre hôpital de jour et domicile, passages en unité psychiatrique, séjours en CSAPA ou autres structures sanitaires, transfert sentre établissements médico-sociaux... À chaque étape, le risque d'erreur de retranscription est présent.

Des solutions existent aujourd'hui pour numériser et interpréter automatiquement les ordonnances grâce à l'intelligence artificielle. Un module d'analyse et d'édition de la prescription permet de photographier ou d'importer une ordonnance papier (ou un texte brut issu d'un compte-rendu) et de la convertir en prescription structurée, directement exploitable dans le logiciel métier. Cela représente un gain de temps considérable pour les équipes et une réduction significative du risque d'erreur de retranscription.

 

6 QUESTIONS À POSER À VOTRE ÉDITEUR DE  LOGICIEL MÉTIER

1. Interactions et polymédication

Votre solution identifie-t-elle les associations  médicamenteuses à risque et alerte-t-elle le prescripteur de manière ciblée  (sans surcharge d'alertes) ?

2. Aide à la prescription en temps réel

Disposez-vous d'un assistant capable de suggérer  des corrections (doses, contre-indications, doublons) au moment de la saisie  ?

3. Charge anticholinergique

Le logiciel évalue-t-il automatiquement la charge  anticholinergique des résidents et signale-t-il les médicaments qui y  contribuent ?

4. Adaptation à la fonction rénale

La fonction rénale du résident est-elle prise en  compte lors de la prescription, avec rappel des ajustements de dose  nécessaires ?

5. Numérisation des ordonnances

Proposez-vous un outil permettant de convertir  automatiquement une ordonnance papier ou un texte brut en prescription  structurée, pour éviter la ressaisie manuelle ?

6. Visibilité sur les psychotropes

Le  logiciel permet-il d'afficher clairement l'ensemble des psychotropes  prescrits à un usager et d'identifier les schémas thérapeutiques complexes ou  les traitements prolongés ?

Des solutions accessibles via le catalogue RESAH

La sécurisation de la prescription médicamenteuse n'est plus réservée aux établissements hospitaliers. Des briques d'aide à la prescription, conçues pour s'intégrer aux logiciels métiers et DUI du secteur médico-social, sont aujourd'hui référencées au catalogue RESAH dans le cadre des solutions numériques innovantes.

Ces outils répondent aux exigences des tutelles sur la sécurisation du circuit du médicament et s'inscrivent dans la dynamique des projets ESMS numérique. Ils sont pertinents aussi bien pour les EHPAD que pour les structures accueillant des publics plus jeunes ou en situation de handicap, avec des prescriptions complexes associant traitements somatiques et psychotropes.

Ils représentent un levier concret pour :

•       Réduire les risques iatrogéniques et les hospitalisations évitables

•       Gagner du temps sur les tâches de ressaisie et de vérification

•       Soutenir les équipes soignantes dans leur mission quotidienne

N'hésitez pas à interroger votre éditeur sur les fonctionnalités d'aide à la prescription disponibles ou intégrables à votre solution actuelle.

Sources

• Rapport Verger (2013) – La politique du médicament en EHPAD

• EPI-PHARE (2025) –Utilisation des médicaments chez les personnes de plus de 90 ans

• France Assos Santé / 60Millions de Consommateurs (2017) – Étude polymédication

• Étude IPOP, Néphrologie& Thérapeutique (2016) – Adaptation posologique et fonction rénale

• Revue Cochrane (2021) –Charge anticholinergique et déclin cognitif

• OMEDIT Pays de la Loire /Centre-Val de Loire – Outils de sécurisation

Goulven de Pontbriand
Head of Growth & Marketing

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